Le parodonte, c'est tout ce qui tient la dent : la gencive, l'os, le ligament. Quand il se dégrade, la dent se déchausse — souvent sans douleur, ce qui rend le dépistage décisif.
Des gencives qui saignent au brossage, une haleine persistante, des dents qui paraissent s'allonger, des espaces qui apparaissent entre elles, une mobilité : ce sont les signaux d'une maladie parodontale.
Le saignement est le plus important, et le plus négligé. Une gencive saine ne saigne pas. Un saignement régulier n'est pas dû à un brossage trop vigoureux : c'est une inflammation, et elle mérite un examen.
La gingivite est une inflammation de la gencive seule. Elle est fréquente, et surtout réversible : un détartrage et une hygiène rigoureuse suffisent généralement à la faire disparaître.
La parodontite est autre chose. L'inflammation a gagné l'os qui soutient la dent, et cette perte osseuse, elle, ne se reconstitue pas spontanément. On peut l'arrêter, on ne peut pas revenir en arrière. C'est ce qui rend le traitement précoce si important.

La gencive est ajustée à la dent. L’os assure son soutien.

La gencive est inflammatoire, sans perte de l’os de soutien.

Une poche se forme et l’os de soutien diminue.
L'examen parodontal repose sur un sondage : une sonde graduée mesure, dent par dent, la profondeur de l'espace entre la gencive et la dent. Au-delà de trois millimètres, on parle de poche parodontale. Ces mesures sont notées et comparées d'un contrôle à l'autre.
Des radiographies complètent le bilan en montrant le niveau osseux réel. L'ensemble permet d'établir un diagnostic précis et de suivre objectivement l'évolution.

La première phase est non chirurgicale : détartrage, puis surfaçage radiculaire, qui consiste à nettoyer la surface des racines sous la gencive, secteur par secteur, sous anesthésie locale. C'est là que se joue l'essentiel du résultat.
Une réévaluation a lieu quelques semaines plus tard. Si des poches profondes persistent, une intervention chirurgicale peut être proposée sur les sites concernés.
Vient ensuite la maintenance : des séances de contrôle et de nettoyage tous les trois à six mois. Cette phase n'est pas optionnelle — une parodontite traitée puis abandonnée récidive.
Le tabac est le premier facteur aggravant, et il masque en plus le saignement, ce qui retarde le diagnostic. Le diabète mal équilibré joue dans les deux sens : il favorise la parodontite, et la parodontite complique l'équilibre glycémique. S'y ajoutent le stress, certains traitements et une prédisposition familiale.
Une parodontite non stabilisée contre-indique la pose d'implants. La même inflammation peut en effet toucher l'os autour d'un implant — on parle alors de péri-implantite — et le faire perdre.
C'est pourquoi, chez un patient qui présente une atteinte parodontale, le traitement des gencives précède toujours le projet implantaire. Voir notre page implantologie.
Le détartrage est pris en charge par l'Assurance Maladie. Les traitements parodontaux plus poussés, comme le surfaçage radiculaire, ne le sont généralement pas ; certaines complémentaires y participent. Un devis vous est remis avant le début du traitement.
Une question sur ce traitement ? Le plus simple est d'en parler de vive voix.
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